Me and That Man, Songs of Love and Death (Cooking Vinyl, 2017)

Me and That Men, Songs of Love and Death


Le bluesman britannico-polonais John Porter et le polonais Adam Darski, plus connu sous le nom de Nergal dans le groupe de black metal Behemoth, se sont mis ensemble* pour concocter 15 morceaux navigant entre blues, rock'n'roll et country.

Si dans un premier temps on sera tenté de convoquer des noms connus comme Johnny Cash (My Church is Black) ou Nick Cave (Cross My Heart and Hope To Die), il s'agit là de quelque chose d'autre... Je serais tenté de dire quelque chose d'impertinent sous un aspect respectueux. Le blues et la country ont souvent à voir avec la religion, mais ici les paroles lorgnent clairement du côté de Satan. Les chansons sont toutes en chant clair, dans un style épuré, classique et plutôt nostalgique. Comme souvent dans ces musiques là les riffs et les airs rappellent d'autres riffs et d'autres airs. Les clins d'oeil abondent : Better The Devil I Known commence comme le Am I Evil de Diamond Headla, plus loin la chanson Love & Death convoque trois hôtels musicaux mythiques : Morrisson Hotel (The Doors), Heartbreak Hotel (Elvis Presley) et Chelsea Hotel (Leonard Cohen) ; dans ces hôtels vous croiserez Sid Vicious, Nancy et Andy Warhol... Les références sont nombreuses, les découvrir peut être un jeu, c'est toujours un plaisir. C'est dans la veine country rock que les compositions du duo surprennent le plus (Of Sirens, Vampires and Lovers) ; les voix de Porter et Nergal ont leur propre timbre, touchantes. Ils n'ont pas besoin de forcer le trait ce qu'ils font sonne vrai et vous n'aurez pas l'impression de déambuler dans un musée.

Un coup à ressortir les albums des Soulsavers... et se remémorer Jeffrey Lee Pierce.

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* avec de nombreux invités aux choeurs, violon, accordéon, orgue hammond, basse, batterie et piano.


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